Président APACA Asperger

le Président APACA article presse "Je suis Asperger "

Bonjour à tous,

 

J'ai choisi de parler, de ne plus avoir à cacher mon altérité. J'ai attendu d'avoir fait mes preuves, voici l'article conçu par un journaliste en qui j'ai confiance

http://www.ouest-var.info/site/index.php/societe/97-six-fours-societe/919-jean-marc-bonifay-je-suis-porteur-du-syndrome-d-asperger

Article Président APACA Asperger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ASPIE et si la sociologie pouvait vous aider à comprendre votre société ? Une évidence non ?

20 juin 2014
il s'avère que l'Aspie à potentiel plus élevé que la moyenne et sans troubles associés et ayant cheminé et donc avec de la maturité ( je ne pense pas que cela soit possible à 20 ans, il y a plutôt la recherche d'un conjoint et des préoccupations plus "terre à terre"), gagne à fréquenter des HPI complexes ( haut potentiel intellectuel) à la sensibilité similaire, mais donc l'intérêt pour les choses englobe un registre plus étendue.

Alors qu'avec un autre asperger, on peut se retrouver dans un monologue basé sur un centre d'intérêt restreint et parfois cloisonné, et parfois auto-centré, donc répétitif et qui devient vite insupportable.
La grande modularité et l'appétit pour la connaissances des HPI complexes, nous permettent d'explorer d'autre chose.

Mais pour que la discussion ne s'étiole pas, l'Asperger , une fois passée la première étincelle liée à la découverte intellectuelle,  va rapidement se diriger vers l'apport éventuel de ces nouvelles données pour étayer son propre centre d'intérêt. L'asperger va comprendre qu'il a un nouvel outil pour  élargir son propre centre d'intérêt.

C'est l'interprétation libre que je fais de Socrate ( dans mon contexte personnel) qui défendait l'idée que la connaissance ne peut pas être une possession passagère, qu'elle se doit d'avoir le caractère d'une hexis, c'est à dire d'un avoir en rétention ( que je qualifierai d'acquis) qui n'est jamais passif ( qui doit donc s'enrichir par le biai de nouveaux outils que la connaissance partagée d'autrui nous apporte comme de nouveaux merveilleux outils) , mais toujours participant, une hexis est donc une condition active. ( je pense même que si on enrichit pas ses acquis on devient obsolète, mais l'ouverture ne doit pas être uniquement lié directement à son centre d'intérêt car on trouve des outils utiles dans biens des horizons).
 
De cette réflexion, j'affirme que la sociologie apporte des outils à la compréhension de notre société et à ces mécanismes à nous Aspergers dont le fonctionnement des autres et de la société nous échappent ! Une piste à explorer pour certains de nos Aspergers pour permettre une évolution.


Concept que je viens de "percevoir" à ma pause repas grâce à mon ami  HPI complexe qui avait envie de parler de sociologie.
A écouter, on apprend des autres, enfin pas tous lol d'ailleurs au risque de passer pour mal poli, la conversation avec d'autres protagonistes arrivant est passée au foot, et au risque de passer pour une personne mal éduquée, je me suis vite éclipsé, sombrant dans l'ennui et l'incompréhension totale.....Mais c'était trop dur pour moi, insupportable, ce n'est pas une conversation négative, c'est juste que pour un autiste c'est dur de faire semblant d'être intéressé, il en est de même quand on est un élève à l'école.
 
Je pense aussi que l'Asperger ne doit pas ( s'il le peut) s'auto-centrer ( sauf le temps de se découvrir, introspection nécessaire) mais au contraire échanger et partager, et comme les " compagnons "  qui transmettent leur savoir ( métier), il est un devoir qui consiste  pour nous Aspergers, à transmettre aux autres Aspergers ou aux autres personnes  au fonctionnement typique ( pour les sensibiliser à la différence) des clefs de recherche ou de réflexions qui permettront (avec de nouveau un apport personnel de chacun) de faire progresser la connaissance.

ETRE UN ADULTE ASPERGER , UN MARI, et un PAPA , dont l'un des enfants est aussi Asperger

21 avril 2014

Objet : Vous faire mieux connaître le ressenti de vos enfants

"Le monde n'est pas adapté à moi, ce n'est pas moi qui suis différent, c'est les
autres que je ne comprends pas."

J'analyse toutes les situations, c'est comme si mon cerveau devait digérer chaque
information ( intellectualiser son ressenti et enregistrer la réponse sociale adaptée), parfois
pendant une semaine, je peux recouper des données du passé et faire le rapprochement avec
des données actuelles, des détails parfois insignifiant ( on appelle cela la mémoire à long
terme évènementielle), ce qui semble difficile aux autres.

Enfant j'étais terrible jusqu'à 6 ans, après, j'ai tout intériorisé, on disait de moi il
est sérieux et aime être seul, ce qui était faux ( mais la relation est difficile)j'avais un besoin
immense d'amour, le sport et la musique était mon équilibre.

Parfois on abuse de ma naïveté et de mon désir, et de mon besoin, de croire en
l'amitié, et on se sert de moi.( Il est facile ensuite de dire que c'est la faute de l'asperger !)
Souvent mon cerveau s'emballe et le soir je ne peux pas dormir, car il fonctionne
sans s'arrêter, il en est de même pour mon fils, qui au mot prêt exprime la même chose, à mon
grand étonnement, on dirait un miroir !

J'ai une vision du monde manichéenne, tout est blanc ou noir, le gris je déteste !
Je conçois le monde comme une quête chevaleresque où l'on doit servir une
cause juste, et je suis toujours déçu des autres, car toujours ils finissent par regarder leur
intérêt personnel et projette sur moi leur arrivisme, ne pouvant comprendre mon
désintéressement total ; je refuse d'ailleurs souvent des fonctions de prestige ou démissionne
de celles que j'ai accepté, quand je me rencontre que mes objectifs puristes ne sont pas
partagés !

J'ai des capacités supérieures aux autres dans certains domaines, mais je suis nul dans
d'autres.
Mon fonctionnement est plus lent que les autres ( uniquement )quand je dois décoder avant d'assimiler
mes actions, mes paroles, mes pensées !

Sinon mon cerveau est plus rapide ( un paradoxe) et il ne cesse jamais de fonctionner, les autres me paraissent des fois trop "mou ", peu réactif.

Mon corps est rigide, et mes muscles se raidissent souvent parfois jusqu'à la blessure
surtout la nuit.

Le changement est une source de perturbation, je dois me préparer pour chaque événement
pour vaincre.
Je suis hypersensible et hyper-anxieux, mais les autres ne le voit pas, se montrer faible est
une non maîtrise du monde et une mise en danger, surtout que ce monde se montre souvent
impitoyable.

Je montre un visage adapté aux situations, ce n'est pas naturel, je dois être un comédien en
permanence...( je pense que c'est ça la thérapie comportementale)et c'est épuisant, tout demande
plus d'effort, car il y a la même difficulté que vous, mais se rajoute la difficulté cognitive.


Parfois mon enfant neurotypique a peur de mon visage dur ou inexpressif, et quand je vois
dans ces yeux de l'inquiétude,je souris pour le rassurer.

On dirait qu'il essaye de lire mon âme ( au fond des yeux )et qu'il cherche qui je suis
vraiment.
Je compense en faisant un travail sur moi-même pour lui dire que je l'aime.
J'ai besoin d'être performant sinon je me sens un moins que rien.

Je n'interprète pas toujours correctement mes relations avec les autres, mais j'ai une
perception des choses non verbales très poussée et un sens du devoir inné.
Je ressens le négatif des gens et les choses que l'on pense parfois même si la personne est
très loin.

J'identifie les choses qui échappent aux regards des autres, par un regard analytique de ce
que je vois.
Je peux me forcer à regarder dans les yeux mais c'est difficile, je préfère généralement
regarder de côté ( je sais maintenant que l'on appelle cela la vision périphérique ), pourquoi ?

C'est simple, c'est d'une intensité trop forte, et puis on a peur qu'on lise en nous, mais aussi
il est difficile de se concentrer sur la conversation et le regard en même temps, ce qui me vaut en
général « mais tu m'écoutes ? « , et là surprise de l'interlocuteur car je peux lui répéter mot à
mot ce qu'il a dit.

Parfois je suis trop absorbé dans une tâche et là oui je ne vous ai même pas vu, ni même
compris, je ne peux faire deux choses en même temps.

 

Il y a des moments d'absence, une mise en retrait face à une surstimulation ou face à un environnement hostile ( le bruit, la lumière, le stress etc..), cela nécessite un moment d'isolement pour restructurer tout cela.

L'adolescence est une période critique, car on se sent nul, et on ne comprend pas les
« signaux « et les comportements féminins.

La séduction c'est subtil mais un asperger qui a fait un long cheminement sur lui-même
apprend, et un homme d'apparence indifférent et fidèle cela séduit.
La moquerie nous « abîme », les comportements « gris « des autres si on leur a donné
notre confiance nous détruit.
Ma femme me comprend et à toujours sut que j'étais différent, c'est la seule qui ne m'a
jamais trahit, pas de gris !!! ( message d'espoir aux autres aspergers !)
Il est à noter que lorsqu'un asperger a un enfant asperger c'est dur car cela rajoute un stress
et une anxiété supplémentaire, et une peur de l'avenir pour son enfant ( d'où imprévisibilité si
néfaste pour nous ).

Sur une vie le travail c'est difficile, car parfois dans certaines fonctions on peut être plus performant que les autres, mais les problèmes relationnels sont inévitables sur la durée, les vérités ne sont pas bonne à dire, et
faire le comédien pour être conforme et même parfois avec prestige aux attentes du milieu professionnel
est épuisant.

J'ai fait moi-même mon diagnostic « asperger « mais me demandant si je me faisais des
idées et projetait le handicap de mon fils sur moi, j'ai demandé l'avis d'un professionnel du sujet
pédopsychiatre ( j'avais 35 ans), qui a confirmé sans détour, surpris de ma lucidité j'étais le 2° père qu'il
rencontrait ayant fait ce cheminement, et il trouvait tellement que le fait que je sois asperger était
une évidence alors que personne n'en avait jamais eu l'idée, que je fus surpris !

 

Puis plus tard ( 09 ans après), très tard j'ai fais confirmé ( mon diagnostic initial) mon Syndrome d'Asperger avec la mention " Intelligence normale supérieure par un expert reconnu et j'ai décidé de révéler ma différence, pour témoigner.

J'ai remarqué aussi que les aspergers Hypo ( et non Hyper comme moi) son totalement
différent de moi, les femmes aspergers n'en parlons même pas, elles sont très différentes de nous
et encore plus compliquées dans leurs fonctionnements que les femmes neurotypiques.
Je ne pense pas que le Monde deviendra aussi beau de sentiment que je le conçois dans ma
tête, d'ailleurs je me crée souvent un monde parallèle.

Que les aspergers qui n'arrivent pas à comprendre où exprimer leur ressenti se rassurent, j'ai
dû me livrer à une introspection de plusieurs années et mettre mes capacités intellectuelles
totalement aux services de cette action pour comprendre !
Comprendre c'est le maître mot et ce sera le mot de la fin «

L'auteur : Jean-Marc Bonifay-Adulte Asperger- Papa d'un adolescent Asperger et d'un enfant " classique" et Président fondateur de l'association Autisme PACA et Administrateur de l'ONG Vaincre l'Autisme

DISCUSSION ENTRE UN ASPERGER ( moi) et son ami HPI ( haut potentiel):

Fruit de mes discussions avec lui, mon ami (atypique) a écrit ces quelques mots, il a su mettre mes mots avec une forme poétique, je partage car je trouve que c'est beau: "Considérons un autiste et un neurotypique devant un champs de blé. Le neurotypique va considérer les épis, leur quantité, leur éclosion. L'autiste va lui remarquer les tiges, s'attacher au feuillage, et remarquer qu'au sol des petits plans d'un autre végétal tente de se developper.

Le neurotypique au fil du temps, regardant le champ de blé, va affiner son concept d'épi tandis que l'autiste son concept de feuillage des plans de blé.

Le premier développera une compétence en matière d'épi de blé tandis que l'autre en matière de feuillage de tige de blé.

La compétence du premier lui permettra de déterminer quels épis de blés il vaut mieux ressemer, à savoir les plans donnant le plus d'épis, donc de blé...

On se demande alors à quoi bon devenir compétent en matière de feuillage de tige de blé..Et pourtant, la chenille bleue à points verts se met à faire des ravages sur le blé...et un autiste sera là pour remarquer que les tiges de blé présentant tel feuillage résiste bien mieux aux chenilles et qu'il y a avantage à cultiver ces types de blé...

C'est en travaillant main dans la main que le neurotypique et le l'autiste nous feront le meilleur pain.

Claude Levis Strauss dans son ouvrage La Pensée Sauvage exposait que les prétendus "sauvages" parvenaient, par exemple, à voir plusieurs variétés de plantes là ou nous autres n'en percevions qu'une. Proche de la terre, leur esprit s'appliquait à connaitre au mieux la nature, parce qu'il en avaient plus besoin que nous."

AUTRE DISCUSSION AVEC MON AMI HPI :

Je trouve cela intéressant, voilà ce que pense de mes aptitudes à m'inclure dans une vie professionnelle un copain au grand coeur, et la synthèse partielle qu'il en a fait pour expliquer la chose :

"Mais je reste impressionné par ta capacité à percuter comme ça sur certaines choses. En fait tu fais des recoupements avec des données observées sur d'autres personnes. Tu t'es fait des concepts d'humains (ma def du concept : ensemble de propriété communes à des objets différents) , pour les classer. Tu as remarqué qu'un arriviste s'habillait de telle façon, donc quand tu en vois un qui est habillé de telle façon...tu te méfies....

Exemple du concept de pomme...elle a des pépins, une peau, une tige, elle est ronde...(la granit et la golden sont des pommes même si elles sont différentes...La poire n'est pas ronde, et a une peau molle donc pas une pomme).

Les autistes sont-ils doués pour élaborer des concepts? leurs concepts?? ce qui expliquerait leur aptitude dans certains domaines..^Les autistes observant des choses que les autres n'observent pas (certains détails comme tu dis) élaboreraient des concepts à partir de ce qu'ils sont les seuls à observer d'où l'existence chez eux de concepts que les autres ne peuvent élaborer.

Un neurotypique doté d'un cerveau normal ne peut pas élaborer de concepts à partir de détails qu'il ne captent pas..." Pas mal c'est mon ami et vous voyez pourquoi il a du répondant , il comprend ce que je luis dis et est capable de l'expliquer, chapeau bas mon ami.

 

 

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